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La jupe faite de souvenirs

Elle n’a pas pleuré.

Aux funérailles, alors que je luttais pour rester debout près du cercueil, elle s’est penchée et m’a murmuré que j’attirais l’attention sur moi. Que je devais me ressaisir. Ses mots étaient plus mordants que l’air froid qui nous entourait.

Après ce jour, quelque chose a changé. Le peu de tolérance qu’elle avait pu maintenir a complètement disparu.

Deux semaines plus tard, je suis rentrée de l’école et je l’ai trouvée en train de vider l’armoire de mon père. Ses vêtements étaient jetés négligemment, ses cravates fourrées dans un grand sac-poubelle comme de vulgaires bouts de tissu.

Je me souviens de la panique qui m’a envahie tandis que je me précipitais vers elle, la suppliant d’arrêter. Ces cravates n’étaient pas que du tissu pour moi. Elles faisaient partie de lui. Chacune d’elles était chargée d’un souvenir. Une réunion qui l’avait angoissé. Un petit-déjeuner de fête qu’il avait préparé en fredonnant faux.

Elle m’a congédiée sans hésiter. Elle m’a dit que je devais accepter la réalité. Que m’accrocher à des objets ne le ramènerait pas.

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